Un partenaire à l’honneur : VIA Don Bosco - Formation, le moteur de tout

On trouve des écoles Don Bosco partout dans le monde. Celles-ci respectent le projet pédagogique du prêtre italien, philosophe et pédagogue Giovanni Bosco, qui a trouvé sa vocation au 19e siècle dans l’accueil de jeunes criminels et d’ex-prisonniers à Turin. Il leur proposait un toit, une formation et un accompagnement pour trouver un emploi.
 
Don Bosco a fondé sa propre congrégation, les Salésiens, dont le nom fait référence à son exemple, François de Sales. Depuis lors, les Salésiens de Don Bosco ont créé des écoles et des formations dans plus de 100 pays. VIA Don Bosco, l’ONG belge liée à cette organisation, soutient des instituts Don Bosco dans 10 pays d’Afrique et d’Amérique latine en respectant toujours le même concept : dispenser des formations techniques et professionnelles aux jeunes vulnérables, mais veiller également à ce qu’ils trouvent un travail digne. VIA Don Bosco est également l’une des huit ONG partenaires d’Entrepreneurs pour Entrepreneurs.
 

Sans coopérants

 
VIA Don Bosco ne dispose pas de coopérants belges sur place, mais travaille avec des organisations partenaires locales par le biais du réseau international des Salésiens. « Ils se chargent du planning et de la coordination, gèrent les centres de formation professionnelle (CFP) et les bureaux pour l’emploi », explique Kaat Torfs. La congrégation locale choisit également le groupe cible auquel elle s’adresse. Il s’agit toujours de jeunes défavorisés, mais également d’enfants des rues en Bolivie, en Équateur ou à Lumumbashi au Congo, ou encore de bandes de jeunes, appelées « maras », au Salvador. Ce sont des bandes de jeunes, qui comptent généralement plus de 1 000 membres et s’entretuent. Chaque jour, on dénombre des dizaines de morts. « Nous essayons de susciter leur intérêt avec nos formations en IT par exemple, car ils cherchent souvent une alternative à la vie de violence, de drogue et de commerce d’armes. »
 
« Nous essayons de susciter leur intérêt avec nos formations en IT par exemple, car ils cherchent souvent une alternative à la vie de violence, de drogue et de commerce d’armes. »
 

Coaching pour l’emploi

 
Les instituts Don Bosco proposent des formations professionnelles, mais aussi le coaching qui suit. « Pour ce faire, nous avons créé des bureaux locaux pour l’emploi. Ils y apprennent à se préparer pour un entretien d’embauche et découvrent quelle attitude ils doivent adopter, ainsi que leurs droits et devoirs au travail. Ou nous essayons de les accompagner vers l’entrepreneuriat indépendant », explique Kaat Torfs. VIA Don Bosco n’octroie pas de microcrédits aux starters, mais cherche pour eux des organisations qui octroient des microcrédits ou les aide à élaborer leur plan d’affaires.
 
L’approche varie en fonction des pays. À Cuenca en Équateur, il y a par exemple un projet destiné aux enfants des rues, intitulé « Movimiento Juvenil de Emprendedores », où les enfants apprennent à épargner dès leur plus jeune âge, même s’il ne s’agit que d’un seul dollar par mois. Lorsqu’ils atteignent l’âge de 18 ans et quittent le centre, ils ont déjà appris à mettre de côté et disposent d’un petit capital de départ. Sur les 450 élèves qui ont terminé leurs études cette année, 140 font partie d’un groupe d’entrepreneurs ayant leur propre projet.
 

Attirer plus de filles

 
VIA Don Bosco veut attirer plus de filles dans les formations traditionnellement masculines, comme l’électromécanique. « Nous réalisons une communication ciblée pour ce faire, avec des dépliants présentant des femmes qui réparent une voiture par exemple, et nous cherchons activement des stages pour les femmes. Je vais régulièrement visiter des entreprises dans nos pays partenaires et, une fois passées les premières craintes, les employeurs se montrent très enthousiastes à l’égard des travailleuses. » Depuis lors, plusieurs formations rencontrent autant de succès chez les garçons que chez les filles, comme le développement d’applications, la vente à distance ou la création de sites Web.
 

Label de qualité européen

 
Le droit à l’éducation et un travail digne pour tout le monde sont deux des objectifs de développement durable (ODD), les nouveaux objectifs pour le développement des Nations Unies. « Nous sommes très satisfaits des nouveaux ODD », affirme Kaat, « ils reflètent notre philosophie, car l’enseignement est toujours le principal moteur de tous ces objectifs. »
 

VIA Don Bosco veut attirer plus de filles dans les formations traditionnellement masculines, comme l’électromécanique.

 
 
Cela ne veut pas dire que VIA Don Bosco se repose sur ses lauriers. Chaque année, une évaluation, particulièrement riche en enseignements, est effectuée dans les dix pays. Celle-ci permet de partager des expériences, de savoir comment améliorer la formation des enseignants à un tel endroit, ou comment organiser l’approche des jeunes entrepreneurs à tel autre endroit. VIA Don Bosco est d’ailleurs la première ONG à avoir obtenu le label EQFM (European Foundation for Quality Management).
 
Frieda Van Wijck