Tti Pre-cooked Beans obtient un prêt d’OVO: "C'est gratifiant de donner une chance à quelqu'un."

Grâce à un prêt d'OVO, l'entrepreneur Leonard Shayo peut commencer à produire des haricots précuits en Tanzanie. "C'est fantastique de contribuer au développement d'un projet comme celui-ci", a déclaré Hugo Van de Voorde, le volontaire qui a préparé l'investissement pour OVO.
Avec un prêt de 50.000€, Entrepreneurs pour Entrepreneurs (OVO) complète le financement de Tti Pre-cooked Beans. Cette start-up de Tanzanie utilise des haricots précuits selon un procédé spécial respectueux de l'environnement pour préserver la valeur nutritive des haricots.
 
Maintenant que le financement est terminé, Leonard Shayo peut réaliser son projet. Le prêt d'OVO sert entre autres à installer un procédé sous vide pour cuire des haricots. Le financement provient d'un certain nombre de business angels qui sont également des bénévoles d’OVO et du Acceleration Fund. Ce fonds d'investissement a été mis en place par OVO en coopération avec la Fondation Roi Baudouin pour soutenir la croissance des entreprises africaines.
L'histoire a commencé, en fait, dans la capitale ougandaise, Kampala. Tti Pre-cooked Beans a participé fin 2019 au SusTech4Africa, un processus de sélection pour les entreprises de technologie durable en phase de démarrage et de croissance, organisé par OVO en Ouganda, au Rwanda, au Sénégal et dans la diaspora africaine. Pendant ce boostcamp de plusieurs jours, les participants recoivent obtiennent des conseils et doivent répondre à des questions sur leur modèle d'entreprise et leurs plans financiers de la part d'une équipe de bénévoles, composée d'entrepreneurs et d'étudiants chevronnés. Ceux qui paréussissent la sélection reçoivent un encadrement intensif et ont la perspective d'obtenir un prêt.
"Shayo a été spécialement survolé de la Tanzanie à l'Ouganda", se souvient l'entrepreneur Hugo Van de Voorde. "Le projet était encore dans sa phase de démarrage, mais il était déjà un gestionnaire expérimenté. Shayo avait auparavant eu une boulangerie avec trois ou quatre succursales qu’il a pu vendre. On avait immédiatement remarqué qu'il avait deétait l'expérimentéence.”

Hugo Van de Voorde a repris le dossier en mains en tant que lead screener chez OVO. "Le projet de L. Shayo est devenu rapidement très concret. Il pouvait immédiatement présenter un plan d'affaires et un plan financier. Bien sûr, nous avons beaucoup discuté des détails. Mais j'ai pensé trouvéqu'il était important qu'il soitsoit ouvert à nos idées et à nos suggestions".

Connaissances et expertise

En raison de la crise du corona virus, qui paralyse également l'économie en Afrique, le projet a été quelque peu retardé, mais entre-temps, la construction du site de production a commencé. "Sur le plan technique, nous avons contribué à la conception de ce site, par exemple en faisant des suggestions sur le plan de la sécurité alimentaire. Et nous avons également aidé à réfléchir à la meilleure façon d'organiser l'opération", explique M. Van de Voorde, qui était lui-même consultant dans le secteur horticole et qui a eu, ensuite, sa propre entreprise de matériel agricole.
"Notre rôle était principalement d’échanger des idées avec Léonard Shayo et de partager notre propre expérience. De cette façon, nous essayons de transférer nos connaissances. Par exemple, nous avons aidé à la mise en œuvre de l'organigramme du personnel et le timing de la mise en route. Quelques bénévoles d'OVO, experts dans les chiffres, ont contribué à l'élaboration du plan financier. Le plan était là, mais il a été revu et ajusté de manière critique", explique le lead screener. C'est la personne qui, chez OVO, prend la tête d'une équipe de bénévoles qui analyse un dossier d'investissement. En cas d'évaluation positive, ce dossier peut être proposé pour un prêt.
 

Les agriculteurs locaux

Une particularité du projet de L. Shayo est qu'il achète ses haricots à 800 agriculteurs locaux. Ceux-sont réunis dans deux coopératives soutenues par l'ONG belge Rikolto, anciennement « Iles de Paix ». "Pour les agriculteurs qui cultivent des haricots noirs ici, une coopération à long terme avec un acheteur qui offre des bons prix stables, est très importante. Cela leur permet d'investir dans l'amélioration de la qualité et dans des méthodes de culture plus durables", explique David Leyssens, qui, en tant que directeur régional pour l'Afrique de l'Est chez Rikolto, nous appelle depuis la Tanzanie.
Le produit lui-même a également un impact majeur. Selon Leyssens: "Les haricots sont une alternative à la viande car riche en protéines, et la viande est souvent trop chère. Les haricots précuits sont également intéressants sur le plan écologique. Sur un petit feu au charbon de bois, les haricots doivent cuire pendant des heures, alors que la déforestation pour obtenir ce charbon cause beaucoup de dégâts à l'environnement. Avec un processus industriel, cet impact est beaucoup plus faible".
Tous ces éléments sont également très importants pour OVO, estime M. Van de Voorde. "Bien sûr, vous investissez avant tout dans un entrepreneur et une entreprise spécifique. Mais indirectement aussi dans toute une chaîne. En travaillant avec l'ensemble de la coopérative, vous impliquez quelques centaines d'agriculteurs dans cette affaire. "
 

Collaboration

C'est Rikolto qui a mis L. Shayo en contact avec OVO, ce qui l'a finalement amené à Kampala. "Ce « boostcamp » l'a beaucoup aidé à mettre de l'ordre dans son modèle d'entreprise et ses chiffres", dit Leyssens. "Et ce prêt est, bien sûr, un don du ciel. Il est très difficile de trouver des capitaux ici, et seulement à des taux d'intérêt très élevés. J'ai vu peu de taux d'intérêt inférieurs à 20 %! Un prêt abordable fait donc la différence entre réaliser et rêver".
OVO accorde des prêts jusqu'à 50.000 euros et applique généralement un taux d'intérêt de 7 %. Leyssens: "De nombreux acteurs financiers recherchent des opportunités d'investissement en Afrique de l'Est, mais souvent ils ne s'intéressent qu'aux grands projets. Ce qui manque, c'est le financement des projets qui se situent au milieu, trop petits pour les grands financiers et trop grands pour la microfinance. C'est exactement ce que fait OVO. "
La coopération a un petit goût de « encore ». "Nous considérons qu'il s'agit d'un projet pilote très réussi. L'idée est d'envoyer d'autres entreprises, avec lesquelles nous pensons pouvoir établir un bon partenariat avec les agriculteurs, à un SusTech4Africa", explique M. Leyssens. "Les grands donateurs demandent que les ONG travaillent davantage ensemble, et en théorie on en parle souvent, mais ici en pratique c’est une réussite".
 

Satisfaction

Également pour Hugo Van de Voorde, bénévole d'OVO, l’expérience donne envie d’en faire plus: "J'ai moi-même été entrepreneur. Je me souviens de ce que c'était que d'avoir 22 ans et de chercher de l'argent. Je sais combien il est important que quelque part des opportunités se présentent. C'est fantastique de pouvoir aider à développer un projet comme celui-ci".
"Je le recommanderais certainement à d'autres entrepreneurs", conclut-il. "Vous y mettez du temps, bien sûr. Il faut admettre cela. Mais on a beaucoup de satisfaction de voir quelqu'un avoir la chance de s’épanouir. Je crois simplement en la capacité des entrepreneurs. L'esprit d'entreprise est, pour moi, la voie vers un avenir plus durable en Afrique".