Tridealhouse peut sortir toute une région de la pauvreté.

C'est Michel Loots, médecin généraliste de formation, diplômé en économie et avec de bonnes connaissances des techniques de construction, qui a eu l'idée de la Tridealhouse. Au cours des 25 dernières années, il a travaillé avec une quinzaine d'agences des Nations Unies sur des projets de transfert de bonnes pratiques et de know-how pour mettre en oeuvre les objectifs de développement durable. Il a conçu la "maison idéale triangulaire" en réunissant en un seul concept toutes les solutions connues et validées par les Nations Unies pour lutter contre la pauvreté. La maison triangulaire est construite en béton et en acier et résiste aux sécheresses et aux pluies extrêmes ainsi qu'aux tremblements de terre. C'est une énorme amélioration comparée aux logements actuels des bidonvilles. En outre, chaque cottage dispose d'installations sanitaires, d'eau courante et d'électricité à l'énergie solaire.
 

Culture et vente de légumes

Ce qui est encore mieux, c'est que vous pouvez non seulement y vivre, mais que la maison garantit également l'indépendance économique. Les murs inclinés ingénieusement construits offrent un espace pour la culture de légumes en hydroponie. Les résidents peuvent vendre ce qu'ils ne consomment pas eux-mêmes. Il est également possible d'y élever des animaux, qui fournissent de la nourriture. "Si cela peut être déployé à grande échelle, c'est tout simplement fantastique", déclare Freddy De Mulder, membre du conseil d'administration et directeur des opérations OVO. "On y trouve tout ce qui y est nécessaire pour sortir une communauté entière de la pauvreté".

OVO a été immédiatement convaincu du potentiel de Tridealhouse et a décidé de soutenir son développement en accordant un prêt de 30 000 €. De Mulder : "Ce projet étant très différent des entreprises sociales auxquelles nous accordons habituellement des prêts, nous avions un peu peur de ne pas obtenir le financement. Mais rien ne s'est avéré être plus éloigné de la vérité. Nous avons pu réunir les 30 000 euros grâce à nos propres volontaires, nous n'avons donc même pas eu besoin d'aller à l'extérieur pour cela."

"Je rêve que ce projet réussisse, non seulement en Éthiopie mais aussi au-delà. Grâce à l'effet tache d’huile, de nouvelles entreprises peuvent émerger localement, que OVO peut aider à démarrer."

 


Prototypes

Freddy De Mulder lui-même est un des investisseurs de Tridealhouse. En tant qu'ancien PDG d'Opel Antwerp, il a cherché et trouvé chez OVO, après sa carrière active, la concrétisation idéale de son engagement social. Il est l'un des fondateurs du programme B2B et investit dans des projets depuis le début. "Je suis plus intéressé par la beauté d'un projet que par le risque financier", dit-il en riant. "Cela peut parfois être décevant, mais dans ce cas-ci, j'ai une confiance totale en ce projet. Les personnes à l'origine de Tridealhouse, dont Eddy De Nil, de Caprioolkinderen vzw, qui a présenté le projet en Éthiopie, et Roger van Praet, codirecteur de Tridealhouse, ont une approche très professionnelle des choses. « Grâce au financement provisoire que nous, mais aussi d'autres investisseurs, leur accordons, ils produisent maintenant les premiers prototypes de maisons ici en Belgique. Nous leur apportons notre expertise, notamment dans l’élaboration des business plans et dans l'approche des institutions financières. Le fait que nous puissions également les aider dans ces domaines a représenté pour eux une grande valeur ajoutée."

Antoine Schockaert, investisseur et bénévole chez OVO, ajoute : "Chaque mois, quelques volontaires d'OVO se réunissent avec l'équipe de Tridealhouse. Au cours de ces sessions, nous les aidons à répondre à des questions spécifiques. Comment attirer les employés qualifiés ? Comment entrer en contact avec les fournisseurs de matériaux de niche ? À quoi ressemble la composition juridique idéale de Tridealhouse ? Comment obtenir le passage le plus efficace possible de la conception à la production ? Ensuite, nous offrons nos conseils et proposons p.e. des partenariats avec des universités et des fournisseurs. Ou encore, nous partageons nos connaissances en matière de modélisation des données du bâtiment."

Mais cela ne s'arrête pas là. "Nous mettons au défi leur équipe. Comment combiner les maisons avec la densité des bidonvilles ? Supposons que le projet soit étendu à des zones inondables ou à des pays qui subissent régulièrement des tremblements de terre, quel impact cela aura-t-il sur la conception ? En remettant en question certaines choses, nous voulons aborder le mieux possible la première phase - la construction du prototype -."
 

Effet tache d'huile

Conceptuellement, Tridealhouse est prêt. Les développeurs toutefois continuent à rechercher les meilleurs matériaux pour obtenir le résultat le plus durable possible, en fonction de leur destination. L’objectif recherché c’est que les maisons soient fabriquées localement, et en premier lieu en Éthiopie. "Cela crée également de l'emploi car les entreprises locales produiront les différentes parties constitutives des maisons. Grâce à OVO, nous pouvons également les aider à démarrer avec des prêts. Le risque pour l'investisseur sera alors faible, car le marché pour la vente de ces habitations est garanti", explique Freddy De Mulder.

"Nous avons réuni les 30 000 euros sans difficulté, c'est dire à quel point nous croyons en ce projet. Outre notre contribution financière, les développeurs étaient fortement intéressés par notre expertise en matière de gestion."


Aussi prometteur que soit le projet, son succès dépend pour l'instant largement de la coopération du gouvernement éthiopien. Celui-ci doit donner son feu vert pour l'utilisation du terrain et le financement d'un quartier de cent maisons. Les résidents achèteront les maisons avec l'aide d'un micro-prêt du gouvernement. De fait, ils paient actuellement un loyer pour un taudis dans les bidonvilles, alors que la maison Trideal deviendra un jour leur propriété. Dans une phase ultérieure, il est prévu d'étendre le projet avec le soutien financier de la Banque mondiale.

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Texte : Anja De Wit