OVO débarque au Bénin : "La marge d'impact ici est énorme".

Bénin est - après l'Ouganda, le Rwanda et le Sénégal - le quatrième pays cible d'OVO. Pourquoi avoir choisi Bénin ?

Freddy : "Le pays répond aux conditions que nous appliquons chez OVO : une gouvernance relativement bonne du pays, la présence de partenaires (dans ce cas-ci, les ONG Louvain Coopération, Join for Water et Via Don Bosco) et d'organisations comme Enabel (l'Agence belge de développement). Les bonnes relations avec les partenaires locaux qui soutiennent les entrepreneurs débutants jouent également un rôle."
 

"Cela n'a guère de sens de considérer l'Afrique comme une région unique : chaque pays nécessite une approche différente." 
 

Quelle est la valeur de l'expérience d'OVO dans d'autres pays pour les initiatives au Bénin?

Freddy : "L'expérience dans d'autres pays africains est un avantage, mais pas plus que cela. Cela n'a guère de sens de considérer l'Afrique comme une zone relativement uniforme. Chaque pays dispose d'un cadre spécifique - certainement en Afrique - et nécessite donc une approche particulière."

Le recyclage mêlé à la soif d'apprendre

Douze entreprises ont participé au boostcamp. Qu'est-ce qui se distingue ?

Freddy : "Il est frappant de constater qu'au Bénin, on accorde beaucoup d'attention au recyclage et à la durabilité. Surtout dans le secteur agricole. De nombreux projets proposés reposaient sur ce principe. En même temps, ce n'est pas une surprise : si les pays africains ne sont pas responsables du problème global du réchauffement climatique, ils en sont les plus grandes victimes."

"En outre, tous les participants ont fait preuve d'une grande motivation, de transparence, d'esprit d'entreprise et d'une grande soif d'apprendre. Les ONG et Enabel y font un excellent travail, même si nous constatons un besoin important de soutien en termes d'entrepreneuriat, de coaching et de financement."
 

"Chaque équipe reçoit un coach belge et un coach local qui se complètent et se renforcent mutuellement."
 

Chaque équipe s'est vu attribuer deux coachs, l'un venant de Belgique et l'autre du Bénin. Pourquoi ce choix ?

Freddy : "Les coachs locaux connaissent le marché local et sont parfaitement familiarisés avec les procédures et l'approche locales. Les coaches belges ont une expérience dans le domaine de la planification commerciale et financière. En outre, ils ont déjà coaché des entrepreneurs africains et connaissent parfaitement les critères d'OVO. Les deux coachs se complètent.

"Mais les projets sont également soutenus par d'autres personnes pendant le boostcamp. Deux professeurs de l'ICHEC de Bruxelles ont donné une introduction au Master of Business Administration, des personnes des ONG et d'Enabel sont sur place, des représentants des banques locales et des financiers locaux potentiels viennent les rencontrer. Le cadre est donc assez impressionnant."

Le financement n'est pas indispensable

Pendant les six prochains mois, il y aura un coaching individuel en ligne. Comment cela fonctionne-t-il ?

Freddy : "Dans les mois à venir, nous allons encadrer et filtrer les projets. Nous essayons de terminer l'évaluation et le financement éventuel des projets au bout de six mois, mais ce n'est pas un délai contraignant."
 

"Un projet ne doit pas nécessairement se concrétiser par un financement. Peut-être qu'une entreprise n'a pas du tout besoin d'un prêt."
 

Comment évalue-t-on si une entreprise est prête à investir ?

Freddy : "L'évaluation est faite de manière objective, sur la base du dossier. Le plan d'affaires et financier doit prouver que l'entrepreneur peut rembourser le prêt. Nous vérifions également l'impact social par rapport aux objectifs de développement durable des Nations unies. Et les coaches rédigent un rapport, qu'ils discutent avec le coordinateur national d'OVO. Ce n'est que si cette évaluation est positive que le projet est présenté au comité d'investissement d'OVO."

"Mais un projet ne doit pas nécessairement se concrétiser par un financement. Peut-être le coaching montre-t-il qu'avec une approche différente, il n'est pas nécessaire de recourir à un prêt. Ou qu'un projet est trop prématuré. Dans ces cas-là aussi, tout le processus de présélection, le boostcamp et plusieurs mois de coaching sont d'une valeur incroyable."

Y aura-t-il un suivi au Bénin ?

Freddy : "Oui, bien sûr. Le coordinateur national d'OVO et notre représentant local resteront en contact avec les différents projets approuvés dans les mois et années à venir. Ils resteront également à l'affût de nouveaux projets. Enfin, un OVO Business Club au Bénin est en cours de création. Donc, à l'avenir, des événements OVO locaux auront certainement lieu au Bénin".

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