"L'approche bottom-up d'OVO est la seule façon de progresser "

Normalement, Maureen est enseignante dans une école de langues. A cause de la crise du corona cette activité n’est momentanément pas possible. Mais Maureen n’est pas seulement un professeur. Elle est Présidente de The Food Bridge, une organisation à but non lucratif, qu'elle a elle-même fondée en 2014, dont le but est de créer un lien entre divers peuples et diverses cultures par le biais de l’alimentation. 


Cette initiative résulte de ses recherches doctorales à la VUB sur le rôle de l'alimentation dans la création d'une identité au sein de la population africaine en Belgique. Depuis 2016, elle est également vice-présidente de Sankaa vzw, l'organisation qui chapeaute les associations africaines en Belgique. 

 

Sélection de nouveaux projets 

C'est par le biais de The Food Bridge que Maureen est entrée en contact avec OVO il y a quatre ans. "J'avais accepté de rencontrer Björn Macauter dans un café à Louvain parce que j'avais une idée de projet pour lequel je cherchais un soutien", dit-elle. "Björn m'a parlé de la façon dont OVO met les entrepreneurs belges en contact avec les entrepreneurs africains." 

 
"Ça me semblait fantastique et je lui ai demandé pourquoi ils n'organisaient pas un concours parmi la diaspora africaine en Belgique pour sélectionner de nouveaux projets. L'idée s'est avérée efficace et, après cette première campagne, elle a été suivie en Ouganda et au Rwanda. Depuis lors, VITO et Thomas More ont également été impliqués. SusTech4Africa avait pris naissance". 

 

Plus d'impact que l'aide classique 

Maureen pense que l'approche bottom-up d’OVO est la seule façon de progresser en matière de coopération au développement. Maureen : "Les formes classiques sont souvent trop axées sur "l'aide". Ne vous méprenez pas, l'aide peut être nécessaire, surtout en situation de guerre. Mais vous avez beaucoup plus d'impact si vous aidez les gens à devenir autonomes. Si quelqu'un a faim, vous pouvez lui donner un poisson tous les jours. Si vous lui apprenez à pêcher, vous lui donnez quelque chose de beaucoup plus durable, avec un impact à longue durée. En outre, l'aide purement financière ou matérielle va généralement aux gouvernements et n'atteint les gens ordinaires qu'au compte-gouttes". 
 

"Vous avez beaucoup plus d'impact si vous aidez les gens à devenir autonomes". 


Les entrepreneurs sont plus en contact direct avec la population, affirme Maureen. Ils connaissent les problèmes locaux auxquels les gens sont confrontés et cherchent activement des solutions. "Bien sûr qu'ils veulent gagner de l'argent avec leur entreprise", dit elle. "Mais le profit n'est pas leur motivation principale, c'est l'impact social qu'ils ont avec leur entreprise qui les motive. Cela s'applique aux entrepreneurs africains, mais également à la diaspora d'ici qui envisagent de créer une entreprise dans leur pays d'origine. 

"Beaucoup d'entre eux sont venus ici pour aider leur famille dans leur pays d’origine, pas tellement pour chercher le bonheur pour eux-mêmes. Le grand avantage c’est que la diaspora connaît les deux mondes : ils ont étudié ici et exercé différents métiers, mais ils savent aussi parfaitement comment les choses se passent en Afrique : taux de chômage élevé, problèmes d'approvisionnement en nourriture et en énergie ... Ils forment en quelque sorte un pont entre l'Afrique et le monde occidental". 


 

Créer une nouvelle génération d'entrepreneurs 

Les entrepreneurs africains ayant un projet d'entreprise fort recueillent chez OVO un large soutien. Selon Maureen, c'est inestimable. "Les Africains ont les capacités nécessaires et la volonté pour réussir, mais ils manquent souvent de ressources, tant humaines que financières. L'expertise qu'OVO met à leur disposition par l'intermédiaire de ses bénévoles les amènent à mettre en œuvre des améliorations concrètes et mesurables. De cette manière, OVO crée une nouvelle génération d'entrepreneurs solides". 
 

"Les Africains ont les capacités nécessaires et la volonté, mais ils manquent souvent de ressources, tant humaines que financières. " 


"De plus, on sent que les personnes qui travaillent chez et pour OVO, le font avec passion et pas seulement pour faire une "bonne action". Ils sont très intéressés et cherchent des contacts, par exemple en visitant le quartier Matongé à Bruxelles. Vouloir aider est une chose, établir un lien en est une autre. Le fait qu'OVO soit indépendant et puisse soutenir des projets là où il le juge le plus nécessaire, constitue une valeur ajoutée supplémentaire tant pour la population locale que pour les entrepreneurs belges qui veulent diversifier leurs activités". 

 

 Texte: Anja De Wit 

Maureen est Présidente de The Food Bridge, une organisation à but non lucratif, dont le but est de créer un lien entre divers peuples et diverses cultures par le biais de l’alimentation. (Photo: The Food Bridge)