"Grâce à OVO, j'ai pu faire un stage en Ouganda.”

L'été dernier Michele Hallemans , une étudiante de 24 ans, a effectué un stage en Ouganda grâce à Entrepreneurs pour Entrepreneurs (OVO). Ce stage lui a apporté de nouvelles perspectives en matière de durabilité.

"C'était l'école de la vie. Je le referais sans hésiter."


Début mai, Michelle Hallemans est partie pour trois mois dans la capitale ougandaise, Kampala. Elle y est allée travailler pour Rena Beverage et Vertical Micro Garden, deux entreprises soutenues par OVO dans le cadre du programme SustainableTechnology4Africa. Elle est partie à l'aventure, dans le cadre du Master en Commerce durable et Innovation qu’elle fait à Berlin. "J 'ai étudié à Berlin avec des gens du monde entier et j'ai beaucoup appris sur des thèmes tels que la durabilité et l'inégalité. Mais cela restait théorique. Ainsi l'idée m’est venue de chercher un stage dans un endroit où les gens ont moins de chance. Finalement, j'ai atterri chez OVO. «Ils m'ont offert la possibilité de faire un stage en Ouganda", explique-t-elle à son retour chez elle, dans le Limbourg.
 

Rena Beverage

Au cours du premier mois de son séjour, Michelle a rejoint l'équipe de Rena Beverage, une entreprise familiale qui avait déjà reçu un prêt d’OVO pour une machine à produire des sachets de thé. Ils fabriquent, entre autres, des boissons gazeuses à base de fleurs d'hibiscus, des substituts de thé et de café. "Ils ont déjà une marque bien connue à Kampala", dit Michelle.

L'idée était de créer un département de durabilité au sein de l'entreprise. "La première semaine, j'ai accompagné la famille pour apprendre à connaître l'entreprise. En aidant et en rencontrant les clients, de nombreuses idées me sont venues à l’esprit. Par exemple remplacer le charbon par l’électricité dans la consommation d’énergie pour la production. Mais il est vite apparu qu'il ne serait pas possible d'investir sur une période assez longue. Ils n'ont pas l'argent pour ça. Les projets doivent être rentables immédiatement, car il s’agit de la survie de l'entreprise. Mes connaissances n'ont donc pas été immédiatement utiles."

Michelle s'est ensuite lancée avec enthousiasme dans un plan d'exportation. "La production est entièrement artisanale. Les bouteilles sont remplies à la main et même l'étiquette est appliquée manuellement. Ici, en Belgique, les consommateurs paieraient une prime pour cela. Sur son marché national, Rena doit concurrencer la production industrielle de multinationales telles que Coca-Cola et les produits ne peuvent pas être plus chers. Malheureusement pour Michelle et Rena Beverage, l'exportation s'est avérée impossible, à court terme également, principalement en raison de la réglementation stricte.

Après cela elle s’est investie dans un projet précis destiné à accroître la performance de l'entreprise tout en restant financièrement saine. Concrètement, Michelle a participé à la mise en place d'une formation pour agriculteurs visant à les former dans la culture de l'hibiscus, une plante riche en vitamines et en antioxydants. Une vingtaine d'agriculteurs ont appris à cultiver des fleurs d’hibiscus pour Rena Beverage , en plus de leur habituelle culture de maïs. Les agriculteurs perçoivent, grâce à cela, un revenu plus élevé et plus diversifié. "L'hibiscus est une culture de grande valeur qui peut aider les gens à sortir de la pauvreté. Le projet est toujours en cours, il a été très intéressant à réaliser", déclare Michelle.
 

Micro-jardin vertical

Forte de cette première expérience, elle a passé huit semaines supplémentaires chez Vertical Micro Garden. Cette petite entreprise fabrique des supports permettant de faire pousser des légumes sur les murs. "Il y avait une dynamique complètement différente là-bas", constate aujourd'hui Michelle. Vertical Micro Garden était clairement encore une start-up. Ils étaient toujours en train de se poser la question : « Comment vendre et à qui ? Leur modèle économique n'était pas encore prêt."

Malheureusement pour elle, à ce moment-là, le destin appelé « corona virus » a frappé sans pitié à Kampala. Un couvre-feu strict a été imposé et l’a ville s’e mise partiellement en état de « lockdown ». Michelle n'a pas été épargnée non plus. A un certain moment, elle arrivait à peine à respirer. Heureusement, elle a reçu de bons soins de sa famille d'accueil. Néanmoins, elle vit encore une situation difficile. "Nous vivions avec huit familles autour d'une cour. Je voulais ne contaminer personne", dit-elle. Néanmoins, Michelle parvient à utiliser son temps à bon escient. "J'ai travaillé sur leur site web, je me suis occupé de leurs médias sociaux et j'ai rendu le design de leurs jardins verticaux plus durable.

Vertical Micro Gardens a encore du travail à faire. "Le plan était de vendre les jardins aux pauvres, mais ils ont dû abandonner cette stratégie. Ils visent désormais la classe moyenne, les restaurants et, éventuellement, des projets plus importants". Michelle y croit fermement : "Il y a vraiment du potentiel. Les légumes sont chers et les prix volatils, il est donc intéressant de les cultiver soi-même."
 

OVO

C’est avec satisfaction qu’elle se souvient de son stage aujourd’hui ! Elle a reçu les conseils et le soutien de coachs qui, en tant que bénévoles d’OVO, assistent Rena Beverage et Vertical Micro Garden. Thierry Deflandre, responsable de l'équipe Investissements de l'organisation à but non lucratif, est resté en contact étroit avec elle. "C’était rassurant de savoir que les entreprises sur place étaient supportées par une organisation belge. De cette façon, il y avait toujours un endroit vers lequel je pouvais me tourner en cas de problème."

Ce que Michelle retiendra le plus, c'est une vision plus large de la durabilité. "Ici, la durabilité est principalement un concept progressiste et quelque peu branché. Beaucoup de gens là-bas ne connaissent même pas le mot. Ils sont principalement préoccupés par la survie. La conscience environnementale est beaucoup plus faible. À Kampala, le plastique est partout et les décharges sont éparpillées. Mais l'aspect social de la durabilité est ancré dans les projets. S'entraider est une évidence. La mission de Paul à Vertical Micro Garden était vraiment d'aider les gens à cultiver des légumes. Et chez Reno Beverage, la motivation de la mère de famille était très concrètement de proposer des boissons plus saines aux enfants des bidonvilles."

"Je suis reconnaissante à OVO d'avoir rendu cela possible. Je le referais sans hésiter", conclut Michelle. "Ce n'était peut-être pas le stage simplifié que j'aurais pu faire en Allemagne. Mais j'ai appris à connaître des points de vue très différents sur la durabilité. C'est beaucoup plus précieux. Ce fut une école de la vie."