Freddy, donateur, témoigne : « Je suis d’abord séduit par le business plan »

« Un investissement de 20 000 euros donne une vie meilleure à des milliers de personnes»

« Cela fait cinq ans que j’accorde directement des prêts à des entrepreneurs du Sud », raconte Freddy De Mulder. Jusqu’en 2008, il était CEO d’Opel Anvers, avant de diriger les opérations de vente de General Motors dans 25 pays d’Europe. « Un investissement de 20 000 euros permet de donner une vie meilleure à des milliers de personnes et d’assurer leur avenir. »

 

Un projet bien ficelé


« Prenez mon premier prêt à un entrepreneur haïtien, par exemple. J'avais appris par l’ONG Codeart que les paysans avaient besoin de machines professionnelles pour moudre la canne à sucre et en extraire le jus. Ils travaillaient encore avec d’antiques presses en bois dont le rendement était médiocre. Meles Augustin, entrepreneur et technicien expérimenté, voulait ouvrir un commerce de machines et se charger ensuite de l’entretien et de la fourniture des pièces de rechange. C’était là le point fort de son projet. Car il lui permettrait de générer un flux constant de revenus et de rembourser son prêt tout en développant son affaire. De plus, les machines resteraient en parfait état. »
 
 

Continuité


« Ce n’est pas toujours le cas pour les puits d’eau en Afrique, par exemple, qui finissent souvent par tomber en désuétude après un certain temps, faute d’entretien. Avec un entrepreneur, la continuité est assurée. » Freddy lui a accordé un prêt de 25 000 euros à un taux de 5 %. Grâce à cet argent, Meles a pu acheter dix machines et les vendre à quelques gros agriculteurs, qui les louent à leur tour à des centaines de petits cultivateurs de cannes à sucre. Ceux-ci obtiennent désormais un bien meilleur rendement, ce qui leur permet d’envoyer leurs enfants à l’école et de faire des achats dans les magasins du village. Bref, l’économie locale tourne mieux et cela profile à des milliers de personnes. « Finalement, l'effet indirect de mon investissement dépasse très largement l’impact direct sur les paysans. » Entre-temps, le prêt a été remboursé en plusieurs tranches.
 

 

Impact tangible


« Quand j’ai arrêté de travailler, j’ai voulu mettre mon esprit d’entreprise au service d'une bonne cause qui pouvait avoir un impact tangible. Chez Entrepreneurs pour Entrepreneurs, une asbl qui fonctionne sans aucun subside des pouvoirs publics, j’ai contribué à la mise en place du pilier B2B, afin de faciliter les investissements directs dans les pays du Sud. Et comme j’y croyais à fond, j’ai moi-même voulu aider un entrepreneur en Afrique. J'ai choisi mon premier projet et j’ai accroché tout de suite. J’en ai encore soutenu cinq autres par la suite. À chaque fois, c’est le business plan qui m’a convaincu. »
 

Evaluation critique


Freddy De Mulder et quelques amis ont aussi accordé un prêt à une « femme fantastique » en Ouganda. « Elle a obtenu un doctorat en contrôle qualité alimentaire à l’université de Gand. Sa thèse portait sur les jus de bananes, un projet qu’elle avait elle-même lancé, puis développé à plus grande échelle dans son pays natal. Et ça marche ! » Chez Entrepreneurs pour Entrepreneurs, Freddy De Mulder analyse les projets de business pour les candidats investisseurs. « Il n’est pas si facile, pour des entrepreneurs locaux, de réaliser un business plan de plusieurs dizaines de pages. Nous les aidons à évaluer leurs propres possibilités. Il faut parfois des mois, et de nombreuses moutures, pour qu'un plan mûrisse et puisse vraiment prendre forme. »
 

« Avec un prêt de 20 000 euros, on aide des milliers de familles en Afrique à accéder à de meilleures conditions de vie. »
Freddy De Mulder, ex-CEO de General Motors/Opel et administrateur de la Febiac et d’Agoria

 
Après commence la recherche de financements. « Et c’est loin d’être simple. Les gens ont souvent peur des risques, mais pour moi, ce n’est pas un problème. Et jusqu’ici, tout s’est bien passé. Il faut dire que les projets sont évalués et suivis avec rigueur par une équipe très compétente. On ne peut évidemment rien garantir à 100 %, mais la probabilité de pouvoir générer un fort impact local, sur la durée, est vraiment très grande ! De plus, les prêts ne doivent pas forcément être accordés à titre individuel. On peut aussi agir dans le cadre d’un club. Le Rotary de Beveren, par exemple, a consenti deux prêts avec succès ces dernières années. »
 

L’entrepreneuriat est la clé


Autre argument souvent avancé par les investisseurs potentiels : c’est trop compliqué. Leurs vies sont déjà tellement remplies, pourquoi faudrait-il en plus qu’ils consacrent du temps à suivre un projet dans le Sud ? « D’où l’idée de lancer cette année un fonds roulant alimenté par des dons. Les entrepreneurs du Sud peuvent obtenir des prêts financés par ce fonds et les rembourser au fonds également, ce qui nous permet d’accorder de nouveaux prêts par la suite. Il est aussi possible de combiner les deux : un prêt du fonds et un autre provenant directement d'un investisseur. C’est une manière de répartir les risques », explique Freddy De Mulder. Et d’ajouter : « Le développement économique durable est la seule manière de faire progresser le Sud. On obtient de bien meilleurs résultats en soutenant l’entrepreneuriat qu’en faisant des dons ici et là. Et c’est précisément en cela qu’Entrepreneurs pour Entrepreneurs est un excellent partenaire. Contactez-moi et je vous expliquerai comment ça fonctionne et toute la satisfaction que vous pouvez en tirer. »
 
Texte de Véronique Goossens
 
Vous aimeriez mettre vos pas dans ceux de Freddy De Mulder et investir vous aussi dans un projet similaire ? Plus d'infos auprès de freddy.de.mulder@ondernemersvoorondernemers.be