Entrepreneurs pour Entrepreneurs crée un fonds d’investissement

Outre ses modèles ONG et B2B, Entrepreneurs pour Entrepreneurs crée un fonds d’investissement. L’organisation mène actuellement des négociations avec la Fondation Roi Baudouin, qui pourrait héberger le fonds. Des discussions sont également en cours avec des organisations belges et étrangères dans l’optique d’un renforcement réciproque. « Au-delà du soutien financier, la fourniture de services, la fonction de groupe de réflexion et la création de partenariats vont acquérir une importance croissante à l’avenir pour Entrepreneurs pour Entrepreneurs », affirme le président Luc Bonte.


Des entreprises telles que Siemens, Umicore, Lotus Bakeries, Wienerberger et ArcelorMittal étaient à la base de l’ASBL Entrepreneurs pour Entrepreneurs en 2000. (Heverlee). L’organisation avait pour postulat que la lutte contre la pauvreté dans l’hémisphère sud passe impérativement par le développement de l’entrepreneuriat durable. Cette approche s’est d’abord concrétisée par une collaboration avec des organisations non gouvernementales (ONG). Alors qu’Entrepreneurs pour Entrepreneurs apportait le savoir-faire en gestion, les ONG faisaient valoir leur connaissance du terrain.
 
Les ONG partenaires d’Entrepreneurs pour Entrepreneurs, que sont Codéart, Congodorpen, Louvain Coopération, Protos, SOS Faim, Trias, VIA Don Bosco et Îles de Paix, disposent chacune d’un domaine d’action spécifique (agriculture, formation, infrastructures, etc.).

Deuxième pilier

Cependant, prenant conscience du fait que l’organisation manquait une partie de son groupe cible, Entrepreneurs pour Entrepreneurs a mis sur pied un modèle B2B en 2013. Les entrepreneurs et les personnes entreprenantes étaient particulièrement intéressés par un travail en dehors de la constellation des ONG. « Les grandes entreprises préfèrent travailler avec des ONG, tandis que les PME et les particuliers (anciens CEO ou chefs d’entreprise, N.D.L.R.) privilégient une action directe », explique le consultant bénévole Jules Beernaert.
 
En outre, il semble qu’une certaine partie du groupe cible soit laissée pour compte dans le fonctionnement des ONG. « Il n’y a pas que les ONG qui doivent se préoccuper de l’entrepreneuriat ou prendre des initiatives axées sur les entrepreneurs. L’hémisphère sud compte un nombre considérable de personnes entreprenantes, qui n’ont pas les moyens financiers nécessaires pour lancer leur initiative professionnelle. À la base, il y a certes la possibilité du microfinancement. Mais les fonds d’investissement ciblent plutôt les projets de plus grande ampleur. Les chefs d’entreprise ayant un besoin de financement situé entre 5 000 et 100 000 euros ont du mal à trouver cet appui. Encore plus auprès des banques. C’est précisément le groupe cible que nous visons avec Entrepreneurs pour Entrepreneurs. »
 

Menace

Luc Bonte admet que le développement du volet B2B ne s’est pas fait sans accroc. Au début, les ONG se sentaient menacées dans leur action. Manifestement à tort, puisque les deux piliers se renforcent mutuellement depuis lors. En 2013, Entrepreneurs pour Entrepreneurs a mis en place un projet d’une valeur de 10 000 euros. Il y a deux ans, ce nombre est passé à cinq, pour un total de 300 000 euros.
 
Au sein du pilier B2B, l’organisation Entrepreneurs pour Entrepreneurs cherche elle-même des petites entreprises ayant du potentiel. Elle analyse leur plan d’affaires ou les aide à l’élaborer. Au terme d’une vérification de la durabilité, les projets valables sont proposés aux candidats sponsors.
 

Une nouvelle subdivision au sein du volet B2B

Le sponsoring de projets d’ONG est plus structurel que les investissements B2B dans des entreprises privées. En général, un nouvel investissement n’est envisagé que lorsque le capital est remboursé par le bénéficiaire. De plus, les projets manquent parfois de l’encadrement nécessaire. Ce sont les raisons qui ont poussé Entrepreneurs pour Entrepreneurs à créer un fonds d’investissement. Toujours avec la même approche.
 
Luc Bonte poursuit : « Il va de soi qu’il existe déjà des fonds d’investissement pour des projets durables. Mais pour des questions de frais généraux, ceux-ci visent souvent des projets de 100 000 euros ou plus. Par conséquent, les petits entrepreneurs sont une fois de plus laissés pour compte. Pour le milieu de cette année, nous espérons alimenter le fonds avec 300 000 euros. À terme, il devrait être possible de doubler ce montant. »
 
Au sein de cette constellation, c’est le Fonds qui investit dans des projets, en cofinancement avec l’entrepreneur individuel. « Le défi à relever consiste à inciter les entreprises à rejoindre le fonds roulant. Nous attendons de ces entreprises qu’elles nous fassent confiance en tant qu’organisation pour traiter les choses de manière professionnelle. Le nouveau fonds permettra d’octroyer des prêts de maximum 50 000 euros avec une période de remboursement à convenir », explique le président.
 
Le fonds d’Entrepreneurs pour Entrepreneurs met dès le début l’accent sur quatre pays prioritaires, à savoir l’Ouganda, le Kenya, le Rwanda et la Tanzanie. Ces pays n’ont pas été choisis au hasard puisqu’ils sont réputés pour leur esprit d’entreprise et sont régulièrement visités par les membres du réseau. Par conséquent, ces derniers sont bien placés pour détecter les opportunités sur place ou suivre les affaires.
 
Les efforts du fonds s’articulent traditionnellement autour des quatre thèmes sur lesquels se concentre Entrepreneurs pour Entrepreneurs, à savoir l’Entrepreneuriat et la Formation (« Sans formation, on ne peut pas développer l’entrepreneuriat »), l’Eau, les Infrastructures et les Technologies durables, l’Agriculture et la Sécurité alimentaire et la Santé. Les lauréats du concours « Sustainable Technology for Africa », organisé en collaboration avec le VITO et The African Diaspora Projects Initative, seront les premiers à bénéficier du soutien du fonds d’Entrepreneurs pour Entrepreneurs.
 

​Partenariats

Depuis lors, Entrepreneurs pour Entrepreneurs a mené des projets B2B au Bénin (mobilité), au Togo (énergie), au Kenya (horeca et industrie), au Rwanda (services), en Ouganda (horeca), en Tanzanie (industrie), en Éthiopie (agriculture et élevage) et en Haïti (durabilité). Des projets d’ONG ont été mis en place dans toute l’Afrique, au Cambodge, aux Philippines, en Bolivie, en Équateur, au Salvador, en Haïti, au Nicaragua et au Pérou.
 
Luc Bonte et son équipe mettent également tout en œuvre pour conclure des partenariats avec des organisations qui partagent les mêmes idées, tant en Belgique qu’à l’étranger. Avec des organisations américaines et indiennes, on étudie actuellement dans quelle mesure les portefeuilles peuvent être distribués, conformément aux priorités de chacun. Des négociations sont en cours avec la VVOB (Bruxelles) et Exchange (Anvers) au sujet de partenariats éventuels en matière d’enseignement. Une collaboration structurelle avec Close The Gap est à l’étude.
 

60 bénévoles, 100 membres

En 2016, Entrepreneurs pour Entrepreneurs a pu réunir 1,4 million d’euros de fonds d’entreprise et de fonctionnement. Ces fonds ont été obtenus grâce aux cotisations et aux participations de fonctionnement des entreprises et ONG (11 %), aux dons (3 %), au soutien de projet total (81 %) et aux autres produits d’exploitation (5 %). L’organisation ne reçoit pratiquement pas de subventions.
 
Les frais de fonctionnement d’Entrepreneurs pour Entrepreneurs sont pris en charge par les membres clés, qui paient 7 500 euros par an. Il s’agit d’Aquafin, d’ArcelorMittal, de Belisol, de BNP Paribas Fortis, de DEME, de Deceuninck, de Lotus Bakeries, de Roularta Media Group, de SCK-CEN, de Siemens, de Sobinco, de Trixxo, d’Umicore, de Vanbreda, de Veolia et de Wienerberger. Outre les sponsors en nature et les ONG partenaires, l’organisation compte une centaine d’entreprises membres, qui paient chaque année une cotisation de 500 euros. Le fonctionnement sur le terrain est largement assuré par une soixantaine de consultants bénévoles non rémunérés.
 
Source : de Vlaamse Ondernemer