Creative Farmers incube une ferme modèle

"Je viens d'un district qui durant trois décennies a été très affecté par la guerre civile", explique Morris Okutta, fondateur de Creative Farmers. "Depuis que la paix a été rétablie et que le district connaît plus de stabilité, la population a augmenté rapidement. Il y a donc beaucoup plus de bouches à nourrir. D'où mon idée d’investir dans le secteur agricole."

"Notre rêve est de créer une ferme modèle avec des solutions modernes et créatives qui serve d'exemple à la population locale", explique M. Okutta. Grâce à un prêt d'OVO, il peut maintenant acheter un premier incubateur. Les poussins seront ensuite vendus aux agriculteurs locaux à un prix inférieur à celui du marché, ce qui augmentera les revenus des agriculteurs. Ils peuvent ensuite investir cet argent, par exemple, dans l'éducation de leurs enfants.

En outre, Creative Farmers offre à ces agriculteurs une formation et un soutien. "Parce que nous touchons tant de personnes avec nos cours de formation, nous avons reçu une reconnaissance officielle du gouvernement ougandais en tant que centre de formation", explique fièrement M. Okutta. Dans un stade ultérieur, il souhaite élever et vendre des porcelets et offrir une formation à ce sujet. Les idées ne manquent pas.
 

SusTech4Africa

En Ouganda, Creative Farmers a participé au SusTech4Africa, une procédure de sélection et de formation de plusieurs jours organisée par OVO pour les start-ups et les entreprises en croissance. "Avant de m'inscrire, je n'avais reçu aucune formation commerciale. J'avais envie d'être un entrepreneur, mais je n'avais aucune idée de ce à quoi pouvait ressembler un bon plan d'affaires", se souvient M. Okutta. "Pendant ces trois jours à Kampala, j'ai beaucoup appris, notamment sur la façon de présenter mon idée. Ce que je n'avais jamais fait auparavant."

Après cette première rencontre, des bénévoles d'OVO ont continué à donner des conseils à Creative Farmers. "Nous avons, en fait, reçu une formation gratuite à l'entrepreneuriat", se réjouit M. Okutta. "Nous comprenons maintenant quel montant de dette nous pouvons supporter et comment nous pouvons la rembourser. Et nous comprenons mieux comment maintenir notre avantage concurrentiel sur un marché très compétitif. Et, bien sûr, OVO a rendu notre financement possible".
 

Focus

Jan Van den Bergh est l'un des volontaires qui a travaillé avec Morris Okutta pendant près d'un an. "Morris savait très bien ce que tout coûtait et il avait beaucoup d'idées. Mais il a vu grand avec plusieurs écuries et une installation avec des panneaux solaires. Pour nous, ce n'était pas très clair ce qu'il voulait faire exactement. Il était prévu d'élever des porcs et des poulets, de faire éclore des poussins, de vendre des porcelets et en plus de cela de donner toutes sortes de formations. Nous avons surtout insisté qu'il commence par un seul projet et qu'il ne développe son business que quand tout se passe bien."

 

"Avec Morris, nous avons revu le plan d'affaires sur base d'hypothèses plus réalistes. Ensuite, nous avons également rédigé ensemble le plan financier. Il n'a pas toujours été facile de convaincre Morris, mais en y repensant, guider Morris à se concentrer sur un projet à la fois a probablement été notre principale valeur ajoutée dans ce projet."

 

M. Van den Bergh et ses collègues bénévoles d'OVO ont également examiné de près la composante sociale de Creative Farmers. "Nous avons surtout aidé à élaborer et à rédiger le modèle. En intégrant mieux le projet social, il sera plus facile de trouver des financements. Et la pratique a prouvé qu'il en était bien ainsi, avec l'argent et la reconnaissance qu'ils reçoivent du gouvernement ougandais."
 

 

L'amour de la culture

Au cours de sa carrière, M. Van den Bergh a occupé plusieurs postes de direction dans une grande entreprise chimique allemande. "J'ai passé presque toute ma carrière à l'étranger et j'ai déménagé fréquemment. À la fin, j'étais responsable, entre autres, du Moyen-Orient et de l'Afrique. C'est ainsi que j'ai acquis un amour pour ces cultures. OVO me permet de rester en contact avec eux".

Pour l'ingénieur, il existe une deuxième raison de se porter volontaire. "J'ai eu la chance de pouvoir m'épanouir et de bien gagner ma vie. Maintenant, j'ai la chance de pouvoir donner quelque chose en retour."

"On reste occupé et on continue à apprendre". M. Van den Bergh est heureux de recommander OVO. "Creative Farmers", par exemple, a clairement indiqué, dès sa première proposition, que rien ne serait gaspillé. Ils ont, en fait, proposé un modèle économique circulaire sans peut-être jamais avoir entendu ce terme. Cette circularité est juste ancrée dans leur pensée. Alors ne dites jamais que vous ne pouvez pas apprendre quelque chose en Afrique."